À quelques heures de la célébration de Eid el-Fitr, la crise de liquidité qui secoue le pays continue de peser lourdement sur les activités économiques. Si de nombreux secteurs sont affectés, les vendeurs de bétail figurent parmi les plus exposés en cette période pourtant stratégique pour leurs revenus.
Sur les lieux de vente, l’ambiance est bien loin de l’effervescence habituelle qui précède la fête. Les clients se font plus hésitants, et les transactions, autrefois rapides, peinent désormais à se concrétiser.
Rencontré sur place, un vendeur de bœufs confie son inquiétude face à une situation qui compromet sérieusement ses activités.
« Cette année, les clients viennent, ils regardent les bœufs, ils négocient, mais beaucoup repartent sans acheter. Le vrai problème, c’est le manque d’argent liquide », explique-t-il, visiblement préoccupé.
Selon lui, même les clients disposant de fonds sur leurs comptes bancaires ou via les services de transfert mobile se heurtent à des difficultés pour retirer de l’argent en espèces. Une contrainte qui freine les ventes et complique les échanges commerciaux.
« Les gens nous demandent souvent s’ils peuvent payer par transfert, mais ce n’est pas toujours possible pour nous. On a aussi besoin de cash pour continuer nos activités », ajoute-t-il.

À cette tension sur la liquidité s’ajoute une autre réalité tout aussi pesante : la hausse significative des prix du bétail. Mamadou Macka Diallo, un autre acteur du secteur, explique que les coûts d’approvisionnement ont fortement augmenté ces derniers mois.
« Le transport des animaux, leur alimentation, tout a augmenté. Forcément, le prix du bœuf aussi a suivi », précise-t-il.
Une combinaison de facteurs qui impacte directement les ventes, au moment même où les commerçants espéraient réaliser une grande partie de leur chiffre d’affaires annuel.
« Normalement, c’est maintenant qu’on doit faire de bonnes recettes. Mais avec ce qui se passe, c’est très compliqué », regrette-t-il.
Fatima Bah


