À Conakry, un phénomène discret mais persistant est en train de déséquilibrer le quotidien de nombreux commerçants : le coût des sacs importés ne cesse d’augmenter. Derrière cette évolution, ce sont des activités entières qui vacillent, notamment dans le secteur informel.
Sur le terrain, le constat est sans appel. Abdoulaye Barry, staffeur, observe une progression continue des prix à chaque nouvel arrivage. Selon lui, l’écart est devenu difficile à ignorer : « Il y a quelques mois, on achetait un sac à 85.000 francs guinéens. Aujourd’hui, on parle de 175.000 à 180.000 francs. » Une différence qui, pour les professionnels, change complètement les règles du jeu.
Contrairement à une hausse brutale, celle-ci s’est installée progressivement. Les premières tensions sont apparues après des perturbations enregistrées au port en début d’année. À cette période, les prix avaient déjà franchi un premier cap, atteignant environ 120.000 francs, avant de continuer leur ascension.
Ce qui intrigue davantage les acteurs du secteur, c’est l’absence d’explications officielles. Aucun ajustement annoncé des frais portuaires ou des droits de douane ne semble justifier une telle évolution. Pour Abdoulaye Barry, cette situation crée un climat d’incertitude : les professionnels subissent des variations sans en comprendre l’origine réelle.

Dans les marchés de la capitale, les répercussions sont immédiates. Les commerçants réduisent leurs commandes pour limiter les risques, tandis que les clients adaptent leurs habitudes.
« On est obligés de revoir nos choix. Parfois, on privilégie le moins cher, même si la qualité n’est pas au rendez-vous », confie un vendeur du marché de Madina.
Plusieurs pistes sont évoquées pour expliquer cette tendance : ralentissements dans la chaîne logistique, hausse du transport maritime à l’échelle internationale ou encore comportements spéculatifs dans la distribution. Autant de facteurs qui, combinés, contribuent à tirer les prix vers le haut.
Face à cette situation, les professionnels appellent à une réaction rapide des autorités. L’objectif, selon eux, est clair : rétablir un minimum de stabilité dans les prix afin de permettre aux acteurs du secteur de poursuivre leurs activités sans subir des variations imprévisibles.
Fatima Bah


