16 février 2026
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À la veille du Ramadan, les vendeuses de poisson alertent sur la hausse des prix dans les marchés

À vingt-quatre heures du début du mois de Ramadan, qui coïncide cette année avec l’entrée en période de carême chrétien, la tension monte dans les marchés de la capitale. Les produits de première nécessité enregistrent une augmentation progressive de leurs prix, au grand dam des commerçantes et des consommateurs.

Ce lundi 16 février 2026, notre rédaction a parcouru plusieurs marchés de la place pour prendre le pouls de la situation. Partout, le constat est similaire : les vendeuses de poisson dénoncent une flambée des coûts d’approvisionnement qui réduit considérablement leurs marges.

Derrière son étal, Djenabou Soumah ne cache pas son inquiétude. « Avant, la manière dont on s’approvisionnait était différente. On achetait le kilo de sinapa à 50 000 francs guinéens pour le revendre à 55 000. Aujourd’hui, on l’achète à 60 000 francs et on le revend à 65 000, voire 70 000 francs guinéens. Le poisson est devenu très cher. Même nous, on souffre », confie-t-elle.

Pour cette commerçante, la période est particulièrement délicate. « Nous ne voulons pas que le Ramadan nous trouve dans cette situation, mais nous n’avons pas le choix. Il faut du courage pour acheter du poisson en ce moment. Ce n’est pas de notre faute : nous sommes obligées de répercuter le prix d’achat pour couvrir nos dépenses », ajoute-t-elle, soulignant que les vendeuses ne font que s’adapter à la réalité du marché.

Toutes ne dressent toutefois pas un tableau entièrement sombre. Fatoumata Diallo estime que ces hausses sont en partie liées à la forte demande observée à l’approche des grandes périodes religieuses. 

« Les prix ont toujours été élevés à l’approche de ces périodes. Pour le moment, à notre niveau, ce n’est pas encore trop alarmant. Nous achetons comme d’habitude, mais les marges sont faibles. Le plus gros poisson se vend à 120 000 francs guinéens. Ça se vend un peu, nous ne nous plaignons pas », explique-t-elle.

Si les ventes se maintiennent, les commerçantes réclament néanmoins un accompagnement des pouvoirs publics. La question de la conservation revient avec insistance. « Nous sollicitons l’aide du gouvernement pour disposer de frigos afin de mieux conserver nos poissons », plaide Fatoumata Diallo.

Même appel chez Djenabou Soumah, qui interpelle directement le département en charge du secteur halieutique. « Nous demandons aux autorités, notamment au ministre de la Pêche, de nous aider à faire baisser les prix à l’approche du Ramadan afin que nous puissions couvrir nos dépenses », lance-t-elle.

À la veille d’un mois marqué par une forte consommation, ces commerçantes espèrent des mesures rapides pour stabiliser les prix et préserver à la fois leur activité et le pouvoir d’achat des ménages.

Fatima Bah

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