L’absence prolongée du président de la Transition, Mamadi Doumbouya, continue d’alimenter les débats au sein de l’opinion publique guinéenne. Alors que les autorités assurent que le chef de l’État se porte bien, certaines voix de l’opposition expriment ouvertement leurs inquiétudes.
Interrogé par nos confrères de DW Afrique, l’opposant guinéen Mamadou Bah Baadiko a livré une analyse sans détour de la situation actuelle. Selon lui, la question ne relève pas d’une attaque personnelle, mais d’un problème institutionnel.
« La maladie d’un chef d’État n’est pas pour nous un argument politique. Nous ne faisons pas d’attaques personnelles, cela peut arriver à n’importe qui. Mais il y a un véritable vide constitutionnel. C’est tout à fait clair qu’il n’assure plus la fonction », a-t-il déclaré.
Pour le leader politique, l’enjeu dépasse l’état de santé du président. Il évoque plutôt une crise de gouvernance, estimant que le pouvoir serait exercé par des proches restés dans l’ombre.
« Ce sont des gens de l’ombre à côté de lui qui assurent le pouvoir (…) La Guinée est en train de vivre exactement la même chose que le Cameroun, c’est-à-dire qu’il y a des gens de l’ombre qui gouvernent à la place d’un chef d’État qui n’est pas capable physiquement d’être là. C’est ça tout le problème », a-t-il affirmé.
Mamadou Bah Baadiko insiste également sur le manque de communication officielle. Il souligne que le président ne se serait pas manifesté publiquement depuis son déplacement à Addis-Abeba, ce qui, selon lui, renforce les interrogations.

« Un chef d’État responsable ne peut pas être un homme de l’ombre puisqu’il a des devoirs vis-à-vis de la population. La population est totalement abandonnée à elle-même aujourd’hui », a-t-il regretté.
L’opposant établit par ailleurs un lien entre cette situation et les difficultés socio-économiques actuelles, notamment la crise de liquidité qui affecte le pays. Il dénonce un décalage entre le discours officiel et le vécu des citoyens, particulièrement en cette période de Ramadan.
« On nous dit qu’il n’y a aucun problème. C’est même la prospérité qui amène la crise de liquidité. Les gens souffrent. Vous n’imaginez pas ce que la population guinéenne subit aujourd’hui en plein Ramadan (…) Eux n’ont aucun problème, mais des millions de Guinéens en ont énormément et ils ne s’en sortent pas », a-t-il martelé.
En conclusion, Mamadou Bah Baadiko appelle à davantage de transparence et de clarté dans la gestion de l’État.
« Il est temps que l’on sache la vérité et que les choses soient claires pour tout le monde », a-t-il insisté.
Fatima Bah pour Bantignel.com


