À l’approche des périodes de pénitence religieuse, les autorités guinéennes redoublent d’initiatives pour encadrer les prix des produits de première nécessité. L’objectif affiché est clair : préserver le pouvoir d’achat des ménages et éviter toute flambée spéculative sur les marchés.
Dans cette dynamique, la ministre du Commerce, Fatima Camara, a récemment mené une série de visites dans des entrepôts et structures d’approvisionnement. Cette tournée visait à vérifier la disponibilité effective des denrées et à rappeler aux opérateurs économiques l’importance du respect des prix homologués par l’État.
À Siguiri, les effets de ces démarches semblent mitigés. Au grand marché, certains commerçants évoquent une légère détente des prix, notamment sur le riz et le sucre. Lanciné Condé, vendeur de riz, affirme que le sac de 50 kilogrammes, qui se négociait l’an dernier entre 300 000 et 320 000 francs guinéens, se vend désormais autour de 275 000 à 280 000 francs. Il assure appliquer lui-même le tarif le plus bas.
Le sucre connaîtrait également une relative stabilisation, selon plusieurs vendeurs, avec des prix inférieurs à ceux enregistrés à la même période l’année précédente. Une évolution que certains clients saluent prudemment. « Nous voyons une petite amélioration, mais il faut que les efforts continuent », confie un acheteur rencontré sur place.
Toutefois, d’autres consommateurs dressent un constat moins optimiste.

Pour Dame Kankou Keïta, les prix restent orientés à la hausse. Elle souligne notamment l’augmentation du sucre et du lait, estimant que la période actuelle devrait plutôt favoriser une baisse des coûts pour soulager les familles.
Même perception chez Aïcha Camara, qui pointe du doigt la dépréciation du franc guinéen face au franc CFA. Une situation qui, selon elle, renchérit les produits importés, en particulier ceux en provenance des pays voisins comme le Mali. L’augmentation marquée du prix de l’oignon et de certains condiments illustre, à ses yeux, cette pression sur les marchés.

Au-delà des déclarations officielles, la réalité demeure contrastée. Si des signes de stabilisation apparaissent dans certains étals, des écarts subsistent dans l’application des prix fixés par les autorités. Entre espoir d’accalmie et inquiétudes persistantes, la question du coût de la vie reste au cœur des préoccupations des habitants de Siguiri en cette période sensible.
Fatima Bah


