Le climat autour des élections législatives et communales se tend progressivement. Ce mercredi 29 mai, la Coalition politique pour la rupture (CPR) est sortie de sa réserve en livrant une déclaration au siège du Bloc Libéral, pointant du doigt plusieurs anomalies dans la conduite du processus.
Engagée dans la compétition via les listes du Bloc Libéral, la coalition dit ne plus pouvoir taire ses inquiétudes. Elle affirme avoir observé, « depuis le lancement des opérations électorales, des pratiques contraires aux principes démocratiques et aux dispositions du code électoral ».
Dans son viseur : la gestion des candidatures, les délais jugés approximatifs et des procédures de notification qu’elle estime peu rigoureuses.

Mais au-delà des aspects techniques, c’est la posture de l’administration électorale qui suscite le plus de réserves. « La coalition met également en cause l’attitude de l’administration électorale, qu’elle accuse de partialité croissante », a déclaré Oumar Sano, président du Bloc Libéral, évoquant une confiance qui s’effrite au fil des étapes.
La CPR va plus loin en dénonçant une implication jugée excessive de certains représentants de l’État.
Elle évoque « une immixtion préoccupante de certaines autorités publiques dans le processus électoral », précisant que « des responsables administratifs et territoriaux sont accusés de s’engager dans des activités partisanes », en contradiction avec le devoir de neutralité.
Dans ces conditions, la coalition redoute un basculement vers une défiance généralisée. Elle estime que cette situation pourrait affecter non seulement la transparence du scrutin, mais aussi la stabilité institutionnelle si aucune correction n’est apportée à temps.
En guise de réponse, la CPR pose ses exigences : « le respect strict du cadre légal, la réintégration des listes de candidatures rejetées et la cessation de toute intervention partisane des autorités ». Elle invite par ailleurs les juridictions à assumer pleinement leur rôle de régulation et appelle à une vigilance accrue, tant au niveau national qu’international.
Fatima Bah