Au marché de Yembeya, vendre ne suffit plus. Depuis quelques jours, un nouveau sujet alimente toutes les discussions : la hausse des taxes. Entre frustration et inquiétude, plusieurs commerçantes disent ne plus reconnaître leurs conditions de travail.
Assises derrière leurs marchandises ou debout à interpeller les clientes, elles décrivent une activité en perte de souffle. « Les ventes chutent, mais les charges, elles, ne baissent jamais », confie une vendeuse, le regard tourné vers ses produits encore invendus.
Pour certaines, la situation devient difficile à gérer au quotidien. « On fait face au transport, à l’achat des produits, aux dépenses de la maison… et maintenant ces taxes en plus », explique une autre, qui dit puiser dans ses économies pour continuer.
Ce qui passe mal également, c’est la manière dont la mesure a été introduite. « On aurait voulu être informées, ou au moins consultées. Là, on subit simplement », regrettent-elles.

Face à ce qu’elles considèrent comme une pression de trop, ces femmes appellent à une réaction des autorités. « Qu’on revoie ces montants et qu’on discute avec nous », lancent-elles.
Sur le marché, le ton reste ferme. « Si rien n’est fait, on trouvera un moyen de se faire entendre », préviennent certaines.
Dans ce centre d’échanges où les petites activités font vivre de nombreuses familles, le malaise des commerçantes traduit une réalité plus large : celle d’un équilibre économique devenu de plus en plus précaire.
Fatima Bah