31 octobre 2026
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Entreprises de presse en Guinée : la bataille pour exister aussi sur le terrain économique

La presse guinéenne ne manque pas de défis éditoriaux. Mais pour ses entreprises, une autre bataille se joue loin des salles de rédaction : celle des ressources nécessaires pour continuer à fonctionner. Amadou Tham Camara, président de la Fédération patronale des associations professionnelles de presse de Guinée (FAPAGUI), a mis cette réalité au centre de son intervention.

Il rappelle que faire fonctionner un média implique bien plus que la diffusion de l’information. Il faut entretenir un parc matériel, assurer les rémunérations, recruter et renforcer les compétences. Des investissements qui, selon lui, ne sont pas suffisamment pris en compte dans les politiques d’accompagnement économique.

Les difficultés sont multiples. Les recettes publicitaires restent limitées, les établissements bancaires sont difficilement accessibles aux entreprises de presse et les obligations fiscales pèsent sur leur fonctionnement. À cette situation s’ajoute la captation d’une part importante du marché publicitaire par les grandes plateformes numériques, notamment Facebook, Google et TikTok.

La FAPAGUI veut donc élargir les interlocuteurs autour de ces préoccupations. Elle sollicite l’implication de la Haute Autorité de la communication (HAC) et de la Confédération générale des entreprises de Guinée (CGE-GUI) pour obtenir des mesures adaptées aux réalités des médias. Elle propose également de nouer des accords publicitaires annuels avec les grandes entreprises du pays.

Le dialogue avec le régulateur constitue un autre volet de ses attentes. Amadou Tham Camara souhaite que les échanges entre la HAC et les responsables de médias deviennent permanents, afin que les questions de liberté, de responsabilité professionnelle et de viabilité des entreprises soient traitées conjointement.

Sur le plan budgétaire, il remet également sur la table la question de la subvention publique aux médias privés. Fixée à 3 milliards de francs guinéens depuis plusieurs années, celle-ci devrait, selon la Fédération, atteindre 15 milliards dans la prochaine loi de finances.

« Nous comptons sur votre appui pour que la subvention soit fixée désormais à 15 milliards dans la loi de finances initiale de 2027 », a-t-il déclaré.

La FAPAGUI entend aussi faire valoir la contribution des médias dans les grands chantiers économiques du pays. Elle souhaite notamment que les entreprises de presse puissent accéder aux opportunités liées au programme Simandou 2040.

Pour porter ces revendications au-delà des discours, Amadou Tham Camara propose une concertation permanente entre la HAC, la CGE-GUI et la FAPAGUI. L’enjeu est désormais de donner une traduction concrète à ces propositions.

Fatima Bah

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