La nouvelle s’est répandue comme une onde de choc ce jeudi 16 avril 2026. Elhadj Mamadou Sylla, ancien chef de file de l’opposition guinéenne et président de l’Union démocratique de Guinée (UDG), s’est éteint, laissant derrière lui un vide difficile à combler.
Figure à la croisée des sphères politique et économique, il aura marqué plusieurs générations par son parcours singulier et son influence.
Homme d’affaires aguerri, ancien président du patronat guinéen et propriétaire de la radio Continental, Mamadou Sylla s’était imposé comme un acteur incontournable du paysage national. Son engagement ne s’est toutefois pas limité aux cercles du pouvoir et des affaires.
À travers diverses initiatives sociales, notamment une fondation active, il avait fait de la solidarité un pilier de son action.
Depuis l’annonce de son décès, les témoignages affluent, traduisant une émotion palpable chez ceux qui l’ont connu de près. Dans les familles, les entreprises ou les milieux politiques, le souvenir d’un homme accessible et généreux revient avec insistance.

« Je suis encore sous le choc », confie l’honorable Dembo Sylla, visiblement ému. « Pendant près de trente ans, j’ai travaillé à ses côtés. C’était un homme profondément humain, toujours prêt à partager ce qu’il avait, sans distinction»
Pour ses proches collaborateurs, cette générosité s’inscrivait dans une conviction personnelle forte. « Il avait cette volonté constante de redistribuer. Sa fondation en est la preuve, tout comme son attachement à la zakat qu’il honorait chaque année », ajoute-t-il.
Au-delà de l’homme social, beaucoup évoquent aussi le bâtisseur. Le nom de Futurulec Holding revient souvent dans les échanges, symbole d’une période d’expansion économique. « Nous avons connu des moments intenses, surtout dans les années 2000. L’entreprise avait atteint une envergure importante, avec plusieurs filiales et des centaines d’emplois à la clé », se souvient Dembo Sylla.
Autre voix, autre regard, mais même respect. Mamadou Saliou Kaltamba insiste sur l’empreinte laissée par le défunt dans le monde patronal. « Il a contribué à structurer le Conseil national du patronat de Guinée et à lui donner une visibilité au-delà des frontières. Son rôle au sein des instances ouest-africaines témoigne de cette ambition », souligne-t-il.
Malgré les épreuves liées à la maladie, Mamadou Sylla semblait, selon ses proches, déterminé à poursuivre ses engagements. « Lors de notre dernier échange, il parlait encore des échéances électorales à venir. Il gardait cette volonté d’agir, jusqu’au bout », témoigne Kaltamba.
Avec sa disparition, la Guinée perd une personnalité aux multiples facettes, dont le parcours mêle ambitions politiques, réussites économiques et actions sociales. Une trajectoire qui, au-delà des débats qu’elle a pu susciter, laisse une empreinte durable dans l’histoire récente du pays.
Fatima Bah