16 avril 2026
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Kaloum : les ex-travailleurs d’Albayrak font entendre leur colère et réclament justice

Ce mardi 14 avril 2026, le centre administratif de Kaloum a été le théâtre d’une nouvelle mobilisation sociale. Des anciens employés de la société Albayrak, licenciés depuis plusieurs mois, ont battu le pavé du Port autonome de Conakry jusqu’à la Présidence de la République. En toile de fond, un mot d’ordre sans détour : « Albayrak zéro ».

Ils sont au total 526 travailleurs à dénoncer ce qu’ils qualifient de licenciement abusif, sans indemnités ni respect des règles établies. Pour beaucoup, cette situation dure depuis octobre 2025, avec des conséquences lourdes sur leur quotidien.

Dans les rangs des manifestants, la frustration est palpable. Mbemba Soumah, l’un des grévistes, résume le sentiment général :« Nous sommes là pour réclamer notre droit. Depuis plus de 7 mois, nous avons été licenciés et aucune procédure n’a été respectée. Octobre 2025 jusqu’à maintenant, nous sommes dans le pétrin… »

Il pointe également du doigt l’attitude des responsables de l’entreprise :

« Les responsables de la société Albayrak ne veulent pas régulariser la situation pour qu’on rentre en possession de nos dus… Le directeur est allé jusqu’à dire qu’il n’y a pas de droit en Guinée. Nous voulons notre argent, rien que ça. »

Au-delà de la rue, le bras de fer se joue aussi devant les juridictions. Selon les protestataires, une décision de justice aurait déjà condamné la société à leur verser près de 14 milliards de francs guinéens. Mais jusque-là, aucune suite concrète.

Moussa Fofana, porte-parole des grévistes, revient sur les étapes du dossier :« Ils ont proposé un montant de 3,8 milliards et quelques, selon leur calcul. Nous avons catégoriquement refusé… C’est nous qui avons engagé les avocats et poursuivi la société en justice. »

Il poursuit en détaillant les lenteurs constatées :« On est allé en justice le 19 février, la décision est tombée. On leur a demandé de payer au moins le quart du montant. Mais jusqu’à aujourd’hui, on n’est pas rentré en possession… »

Plus inquiétant encore, selon lui :

« L’huissier est allé les voir, ils ont vidé leur compte. La procédure d’exécution est en cours… »

Entre espoir judiciaire et désillusion, les ex-employés disent ne pas comprendre le silence autour de leur situation. Ils affirment également que certaines autorités ne mesurent pas pleinement l’ampleur du problème.

À travers cette marche, leur objectif est clair : attirer l’attention du président de la transition, Mamadi Doumbouya, et accélérer le dénouement d’un dossier qui s’enlise.

En attendant une éventuelle réaction de la société Albayrak ou des autorités, ces travailleurs assurent qu’ils ne comptent pas baisser les bras. Pour eux, il ne s’agit plus seulement d’un combat juridique, mais d’une question de dignité.

Fatima Bah

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