La commune de Matam est une nouvelle fois endeuillée. Ce mercredi matin, un corps sans vie a été retrouvé dans le quartier Matam 2. Les premières constatations orientent les soupçons vers la drogue Kush, tristement célèbre pour ses effets destructeurs.
L’identité de la victime n’a pas encore été établie, mais les habitants affirment que ce drame n’est pas un cas isolé. Depuis plusieurs mois, la Kush est au centre d’une série de décès inexpliqués dans la commune.
Ousmane Camara, président du conseil de quartier de Matam 2, tire la sonnette d’alarme.
« Ce phénomène devient récurrent. Des jeunes venus de plusieurs quartiers se rassemblent régulièrement sur le littoral pour consommer cette drogue. Nous sommes face à un réseau organisé », alerte-t-il.
Il évoque un manque criant de moyens pour endiguer ce fléau, malgré les nombreuses alertes adressées aux autorités.
« Nous ne savons pas exactement ce qui provoque la mort, mais tout pointe vers la Kush. Ce sont souvent des victimes anonymes, difficiles à identifier. »

Autre signe alarmant : la réaction croissante de la population face à ces drames. Les habitants de Matam commencent à refuser l’enterrement de ces corps anonymes dans les cimetières du quartier.
« Aujourd’hui, on compte près d’une dizaine de cas similaires. Même les imams refusent désormais d’enterrer des personnes non identifiées. Parfois, une famille se manifeste après coup, mais il est trop tard », déplore M. Camara.
Face à la gravité de la situation, le responsable communautaire plaide pour une réponse rapide et concrète.
« La Kush provoque des arrêts soudains des fonctions vitales. Il faut agir. Installer des postes de sécurité dans les zones à risque permettrait de décourager les rassemblements. Les jeunes fuient dès qu’ils voient les forces de l’ordre. »
Alors que le fléau de la Kush continue de s’étendre, les habitants de Matam demandent une mobilisation urgente des autorités pour éviter de nouveaux drames.
Fatima Bah Pour Bantignel.com


