Le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation (MATD) a annoncé, vendredi dernier, la suspension pour 90 jours de trois formations politiques majeures : l’UFDG de Cellou Dalein Diallo, le RPG Arc-en-ciel de l’ancien président Alpha Condé et le Parti du renouveau et du progrès (PRP) dirigé par Rafiou Sow.
Invité ce mercredi 27 août 2025 dans l’émission Africa2015 de Nostalgie-Guinée, le président du PRP s’est dit « abasourdi » par cette décision qu’il juge incohérente. Selon lui, son parti avait récemment reçu un satisfecit officiel du même ministère, l’autorisant à poursuivre normalement ses activités.
« Trois mois auparavant, nous avons déposé tous nos dossiers et le MATD nous a même envoyé un satisfecit nous demandant de continuer correctement nos activités. Aucune notification de manquement ne nous a été adressée. À ma grande surprise, c’est par un simple appel téléphonique qu’on m’a informé qu’un courrier m’attendait, courrier qui m’a été remis le vendredi soir », a relaté Rafiou Sow.

Dans cette lettre, le ministère reproche au PRP de n’avoir pas déposé ses états financiers et la copie du registre de ses cartes de membres. Des arguments « trop légers », estime Rafiou Sow, qui considère la mesure comme une manœuvre politique.
« Si des insuffisances existaient, le ministère devait nous convoquer pour les corriger. Le rôle du MATD, c’est d’accompagner les partis, pas de les réprimer. Mais en réalité, cette suspension vise à écarter les formations jugées gênantes avant le débat référendaire », a-t-il dénoncé.
Pour le leader du PRP, cette décision traduit une volonté d’étouffer toute voix critique face au CNRD et de verrouiller l’espace politique :
« À quelques jours du lancement des campagnes référendaires, interdire à des partis de s’exprimer, c’est un véritable coup d’État contre la démocratie. C’est un recul grave qui empêche un dialogue inclusif sur la transition », a-t-il fustigé.
Fatima Bah Pour Bantignel.com

