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Yembeya : pourquoi certains piétons continuent-ils de bouder la passerelle ?

À Yembeya, il suffit de rester quelques instants au bord de la route pour constater un paradoxe : la passerelle est là, mais une partie des piétons préfère encore passer en dessous, au milieu des véhicules.

L’ouvrage devait pourtant faciliter la traversée et éloigner les usagers de la chaussée. Dans les faits, certains continuent de prendre le chemin le plus direct, quitte à se retrouver face aux voitures et aux motos.

Ce choix ne s’explique pas toujours par un refus des règles. Pour Dame Hawa Diallo, c’est surtout une question de sensation. «Je n’ose pas monter sur les passerelles parce que j’ai le vertige. Je préfère traverser directement la route », confie-t-elle.

Son témoignage montre que derrière une traversée qui peut sembler imprudente se cachent aussi des raisons personnelles. Mais pour les personnes qui observent quotidiennement la scène, le risque reste difficile à ignorer.

Mariame Soumah, installée non loin de la passerelle, dit voir régulièrement des passants choisir la chaussée plutôt que les escaliers. «Je suis assise ici et je vois d’autres personnes qui refusent de passer par la passerelle. Pourtant, elle a été construite pour leur propre sécurité et pour éviter les accidents », souligne-t-elle.

À Yembeya, la passerelle est donc confrontée à un défi qui dépasse sa construction : parvenir à devenir un réflexe chez les piétons.

Entre la peur de monter, l’envie d’aller plus vite ou simplement les habitudes prises avant l’installation de l’ouvrage, chacun semble avoir sa propre raison. Mais sur une route où la circulation ne s’arrête pas pour laisser passer les piétons, quelques secondes gagnées peuvent aussi signifier une prise de risque.

La question n’est finalement pas seulement de savoir pourquoi la passerelle est moins fréquentée qu’espéré. Elle pose aussi celle de l’appropriation des équipements publics. Une infrastructure destinée à protéger ne peut pleinement remplir sa mission que lorsqu’elle entre dans les habitudes de ceux auxquels elle est destinée.

À Yembeya, le défi reste donc ouvert : faire de cette passerelle non pas un simple ouvrage posé au bord de la route, mais un passage naturellement choisi par les piétons.

Fatima Bah

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