La Guinée entre dans une nouvelle phase de tensions politiques au lendemain de la proclamation des résultats officiels de l’élection présidentielle de 2025. Arrivé officiellement en deuxième position, le candidat du FRONDEG a publiquement remis en cause le verdict des urnes, affirmant que les chiffres annoncés ne reflètent pas la volonté réelle des électeurs.
Dans une déclaration solennelle adressée à la nation, le candidat a soutenu que, dans les zones où le scrutin s’est déroulé « librement, sans pression ni intimidation », son camp est arrivé en tête. Il dénonce des résultats qu’il qualifie de « fabriqués » et estime qu’ils constituent un « déni de la souveraineté du citoyen ».
Selon lui, les conditions de production des résultats sont connues de tous et posent un problème fondamental de légitimité démocratique. Tout en rejetant les chiffres officiels, il a toutefois insisté sur le fait que cette situation n’affaiblit pas son camp politique. Au contraire, elle confirmerait, selon ses mots, que le FRONDEG représente désormais la « principale alternative civile » et le « pilier central » de la vie politique nationale.
Face aux risques de troubles post-électoraux, le candidat a tenu à se démarquer de toute logique d’affrontement. Il a clairement indiqué qu’il n’appellerait pas ses partisans à des actions pouvant mettre des vies en danger, affirmant que la lutte engagée resterait strictement politique, légale et stratégique.

« Diriger, c’est savoir maintenir la pression sans sacrifier des vies », a-t-il souligné, appelant à la responsabilité et au sens de l’État.
Le message des électeurs, selon lui, ne serait pas un appel au désordre, mais une demande de réponses concrètes aux préoccupations quotidiennes : éducation, santé, emploi des jeunes, infrastructures, accès à l’énergie et fonctionnement efficace de l’administration publique. Il affirme que le programme du FRONDEG a été largement plébiscité partout où le vote a pu s’exprimer librement, conférant à son camp ce qu’il qualifie de « mandat civil ».
Tout en se disant ouvert au dialogue et respectueux des institutions, le candidat a posé une ligne rouge claire : le respect de la souveraineté populaire. Il a averti qu’aucune stabilité durable ne peut être construite sur l’injustice ou le mensonge, et que la paix véritable repose sur la légitimité démocratique.
Sur le plan institutionnel, il a annoncé que les équipes juridiques du FRONDEG sont d’ores et déjà mobilisées pour introduire des recours devant la Cour suprême, afin d’exiger un réexamen des résultats. « Notre responsabilité ne s’achève pas avec cette élection », a-t-il déclaré, réaffirmant son engagement à poursuivre le combat politique pour une Guinée « juste, prospère et démocratique ».
Alors que le pays attend la suite du processus juridique, cette prise de parole marque un moment clé de la séquence post-électorale et pose la question centrale de la légitimité, de la représentation civile et de la stabilité politique en Guinée.
Fatima Bah pour Bantignel.com