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Entre Mamou et Labé, la route impose désormais sa loi aux voyageurs

Il suffit de quelques kilomètres après la sortie de Mamou pour comprendre que le voyage vers Labé n’a plus rien d’ordinaire. Là où les véhicules roulaient autrefois sans grande difficulté, les conducteurs avancent aujourd’hui avec prudence, parfois dans d’épais nuages de poussière, parfois au milieu d’une chaussée fragilisée par les travaux et les premières pluies.

Sur cet axe très fréquenté de la Moyenne-Guinée, les habitudes ont complètement changé. Les chauffeurs prévoient davantage de temps, les passagers prennent leur mal en patience et les transporteurs redoutent chaque nouveau déplacement. Le chantier de reconstruction engagé depuis plusieurs mois est visible tout au long du parcours, mais beaucoup d’usagers estiment que le rythme reste insuffisant face aux difficultés quotidiennes.

Dans certains villages traversés, les riverains voient défiler des véhicules couverts de poussière du matin au soir. À d’autres endroits, les pneus s’enfoncent déjà dans des portions humides, signe que l’hivernage pourrait rapidement compliquer davantage la circulation.

« On ne voyage plus avec tranquillité comme avant », souffle un chauffeur rencontré au cours du trajet. « Aujourd’hui, la route fatigue autant les véhicules que les passagers»

La durée du voyage est devenue l’une des principales préoccupations des usagers. Pour parcourir les 135 kilomètres séparant Mamou de Labé, certains disent passer plusieurs heures supplémentaires à cause des ralentissements répétés et des passages difficiles.

« Il arrive qu’on quitte très tôt sans savoir exactement à quelle heure on va arriver », raconte un passager installé dans un minibus de transport.

Au-delà de l’inconfort, cette situation commence aussi à peser sur les activités économiques. 

Des commerçants évoquent des retards dans l’acheminement des produits, pendant que des chauffeurs parlent de dépenses de plus en plus lourdes pour réparer les véhicules abîmés par l’état de la route.

À l’approche des grandes pluies, beaucoup craignent désormais que ce tronçon déjà éprouvant ne devienne encore plus difficile à traverser. Sur l’axe Mamou-Labé, les voyageurs espèrent surtout voir les travaux avancer plus rapidement avant que la saison humide ne vienne aggraver une situation déjà compliquée.

Fatima Bah

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