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Guinée : depuis l’exil, Cellou Dalein Diallo conditionne toute discussion politique

Installé hors de Guinée depuis plusieurs mois, l’ancien Premier ministre et leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo, continue de commenter l’actualité politique de son pays. Dans une récente intervention relayée par Radio France Internationale (RFI), il s’est exprimé sur la perspective d’un dialogue politique et sur la transition en cours.

L’opposant historique affirme ne pas être fermé à des discussions avec les autorités actuelles, tout en posant des exigences précises. Il rappelle avoir, par le passé, multiplié les appels au dialogue, restés selon lui sans suite. « J’ai toujours prôné le dialogue pour éviter ce qui nous est arrivé », a-t-il déclaré, regrettant que ces initiatives aient été ignorées au profit de la répression des opinions divergentes.

Pour Cellou Dalein Diallo, toute concertation ne peut être envisagée que si elle vise clairement le rétablissement de l’ordre constitutionnel, la garantie des libertés publiques et le respect des droits humains.

Au-delà de cette ouverture conditionnelle, l’ancien chef du gouvernement dresse un tableau sombre de la situation politique nationale. Il estime que le pays traverse une phase de recul démocratique profond. Selon lui, les consultations électorales annoncées ne traduisent pas la volonté populaire. « Il n’y a ni liberté ni démocratie », affirme-t-il, contestant la crédibilité du référendum et de l’élection présidentielle à venir.

Il évoque une abstention massive qu’il interprète comme un rejet du régime en place, malgré les chiffres officiels publiés. « Les Guinéens ne se sont pas déplacés vers les urnes (…) les chiffres proclamés n’ont rien à voir avec la réalité », a-t-il dénoncé.

Cellou Dalein Diallo remet également en question les taux de participation avancés par les autorités, notamment celui dépassant les 80 % au niveau national. D’après lui, la mobilisation électorale serait restée très faible sur l’ensemble du territoire. « On n’a jamais atteint 30 %, ni à Conakry ni à l’intérieur du pays », soutient-il, citant le cas de Labé où la participation aurait été inférieure à 20 %. Il évoque en outre des pressions et des accusations visant des acteurs impliqués dans le financement de la campagne, une situation qui aurait contribué, selon lui, à décourager de nombreux électeurs.

À travers ces déclarations, le président de l’UFDG maintient sa ligne politique : un dialogue reste envisageable, mais uniquement s’il s’inscrit dans une dynamique sincère de transition démocratique et de restauration de l’État de droit en Guinée.

Fatima Bah pour Bantignel.com

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