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Ramadan et Carême : entre partage et prudence, des voix religieuses s’expriment sur les ruptures collectives

Alors que le mois de Ramadan chez les musulmans coïncide cette année avec le Carême chrétien, la question de la cohabitation et du partage entre fidèles des deux religions suscite des réactions dans la cité. Au cœur des discussions : les ruptures collectives du jeûne organisées par certaines structures et auxquelles participent parfois des chrétiens.

Si cette proximité entre croyants de différentes confessions n’est pas formellement interdite, elle alimente néanmoins le débat au sein de la communauté. Pour mieux comprendre les différentes sensibilités sur la question, notre rédaction a recueilli l’avis de plusieurs responsables religieux.

Pour Oustaz Abdoulaye Mombeya Bah, la participation à ce type de rencontre peut être envisageable dans certains cas, mais doit rester mesurée.

« Si vous êtes des voisins directs, cela peut se comprendre. Mais lorsqu’il faut se déplacer spécialement pour cela, ce n’est pas normal, sauf s’il s’agit d’un événement particulier », explique-t-il.

Le prédicateur rappelle également certaines précautions liées aux prescriptions alimentaires de l’islam. 

Selon lui, un musulman doit rester vigilant quant aux aliments consommés.

« Il y a des aliments que le musulman ne doit pas manger, par exemple ceux préparés dans certaines conditions. En revanche, s’ils vous offrent du pain, des biscuits ou des produits similaires, cela ne pose pas de problème. Mais lorsqu’un plat est préparé dans un cadre religieux spécifique, notamment pour une célébration à l’église, il est déconseillé pour un musulman d’en consommer », précise-t-il.

De son côté, l’imam Aboubacar Fofana souligne que l’islam encourage les relations de bon voisinage et la collaboration avec les fidèles d’autres religions, tout en fixant certaines limites.

« L’islam n’interdit pas la collaboration avec les autres religions. Par exemple, si vous avez du sucre ou du riz pour la rupture du jeûne, vous pouvez en offrir à un ami ou à un voisin chrétien. Cela ne pose aucun problème », indique-t-il.

Cependant, il estime que le partage du repas de rupture après la prière devrait rester, selon la tradition, un moment privilégié entre musulmans.

« Il est mal vu que des musulmans et des non-musulmans s’associent pour partager le repas de rupture après la prière. Certains le font pour faire plaisir ou par complexe, mais en principe, ce moment est réservé à ceux qui partagent la même religion », ajoute-t-il.

À l’inverse, l’imam Facinet Camara adopte une position plus ouverte sur la question. Pour lui, ces moments de partage peuvent même favoriser le rapprochement entre les communautés.

« Il n’y a aucune interdiction. Au contraire, le fait d’accepter les autres dans ce que vous faites peut leur permettre de mieux comprendre l’islam et, éventuellement, de s’y intéresser davantage », estime-t-il.

Ces différentes prises de position illustrent la diversité d’interprétations au sein des milieux religieux. Dans un contexte où Ramadan et Carême se déroulent simultanément, beaucoup appellent toutefois à préserver l’essentiel : le respect mutuel, la tolérance et la coexistence pacifique entre les communautés.

Fatima Bah

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